Le Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo), en collaboration avec ses partenaires du projet « Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles » (EP2F) a organisé, le 21 août 2026 à l’Agora Senghor, un atelier consacré à l’élaboration d’une Charte pour le respect, la protection et la promotion des droits des femmes et des filles en entreprise. Financé par l’Union européenne, ce processus vise à doter le secteur privé togolais d’un cadre d’engagement commun en faveur d’environnements professionnels plus respectueux des droits, de l’égalité et de la dignité.
Avec l’appui du Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), de CARE Bénin/Togo et de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), cette démarche s’inscrit dans une dynamique de mobilisation collective autour de la promotion et de la protection des droits des femmes et des filles dans le monde professionnel.
La rencontre a réuni un large éventail d’acteurs issus du secteur privé, des pouvoirs publics, du Bureau international du Travail (BIT), des organisations patronales et syndicales, de la société civile, des institutions de promotion et de protection des droits humains, ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Faire des droits des femmes une réalité dans le monde professionnel
Au nom du Président du CNP-Togo, Mme Kékéli Klutse, Directrice des affaires juridiques et sociales du CNP-Togo, a souligné l’importance d’une démarche permettant de rapprocher les principes de protection des droits des réalités vécues dans les entreprises. Pour le Patronat, l’élaboration de cette Charte constitue ainsi une occasion de favoriser une meilleure prise en compte des droits des femmes et des filles dans les politiques et pratiques des
entreprises.
Cette orientation rejoint l’engagement porté par le projet EP2F, qui entend faire du secteur privé un acteur à part entière de la prévention des violences, des discriminations et des atteintes aux droits des femmes et des filles.
Représentant le Président de la CNDH, Mme Somiéalo ATASSIM, Chargée d’études pour les Femmes, les Enfants et les autres Groupes Vulnérables, à travers son allocution, a situé la démarche dans une perspective de promotion et de protection des droits humains, avec une attention particulière portée aux femmes et aux filles. Par ailleurs, elle a insisté sur l’importance de la contribution de l’ensemble des acteurs et a souhaité que les travaux aboutissent à un outil de transformation durable des pratiques quotidiennes dans les entreprises.
Du côté du GF2D, Mme Amivi GBENAHIN, Chargée de programme juridique et du programme des jeunes, a abordé les enjeux liés à la protection des femmes et des filles dans l’environnement professionnel, notamment la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention, de protection et de recours.
Intervenant au nom de CARE Bénin/Togo, Mme Mahulé DEGBOE, Coordinatrice de programme Genre et Justice Économique, a souligné la volonté de faire du secteur privé un acteur majeur de la promotion des droits des femmes et de l’égalité dans le monde du travail.
Mme DEGBOE a appelé à des engagements concrets en matière d’égalité des chances, de non-discrimination, de prévention du harcèlement et des violences basées sur le genre, ainsi que de protection et de respect de la dignité des femmes au travail. Elle a également insisté sur la nécessité d’associer aux engagements des mécanismes de suivi, de mesure et d’évaluation afin de favoriser des changements effectifs dans le monde du travail.
Des constats qui appellent à l’action
Les échanges se sont appuyés sur les résultats d’une étude réalisée dans le cadre du projet EP2F consacrée aux pratiques des entreprises en matière de responsabilité sociétale, de droits humains et de protection des femmes et des filles.
L’étude met notamment en évidence la nécessité de renforcer l’intégration des droits des femmes et des filles dans les politiques et pratiques des entreprises, ainsi que les mécanismes permettant d’assurer leur respect effectif dans les environnements professionnels.
Ces constats donnent une portée concrète à la démarche engagée. Ils montrent que l’enjeu ne réside pas uniquement dans la connaissance des droits, mais également dans la capacité des entreprises à mettre en place des pratiques et des mécanismes permettant de les faire respecter au quotidien.
Une Charte structurée autour d’axes d’engagement majeurs
La réflexion menée au cours de l’atelier a permis de présenter le canevas de la future Charte et d’en préciser les principales orientations.
Le canevas proposé se décline en plusieurs axes d’engagement portant sur les principaux enjeux liés à l’égalité, à la protection des droits, aux conditions de travail, au développement des compétences et aux mécanismes de prévention, de recours et de réparation .Les échanges ont également permis de prendre en compte plusieurs réalités spécifiques, notamment la situation des travailleuses en situation de handicap, le rôle de l’inspection du travail, la question du SMIG, les spécificités du secteur informel et du travail domestique, ainsi que la dimension des droits humains dans les politiques de responsabilité sociétale des entreprises.
Des engagements à traduire en actions concrètes
Au-delà de son contenu, la future Charte devra permettre de définir des engagements mesurables, accompagnés d’actions précises et d’indicateurs de suivi. Cette approche doit permettre aux entreprises de passer des principes aux pratiques et d’évaluer les progrès réalisés.
L’objectif est de disposer d’un cadre clair permettant notamment de prévenir les situations de discrimination ou de violence, d’améliorer les pratiques professionnelles et de renforcer les mécanismes de protection et de recours.
La question de l’adhésion et de l’appropriation du document constitue également une étape importante. Une fiche d’adhésion est notamment envisagée pour accompagner l’engagement des entreprises et donner une dimension concrète à la démarche.
Vers une mobilisation durable du secteur privé
À travers cet atelier, le processus d’élaboration de la Charte franchit une nouvelle étape. Les contributions recueillies auprès des différents acteurs doivent permettre d’enrichir le document et de prendre en compte les réalités du monde professionnel togolais avant sa finalisation.
Pour le CNP-Togo et ses partenaires, l’enjeu est désormais de faire de cette Charte un véritable outil de référence pour les entreprises, capable de favoriser des pratiques professionnelles respectueuses des droits des femmes et des filles.
La démarche engagée dans le cadre du projet EP2F traduit ainsi une volonté de faire progresser le secteur privé vers des environnements de travail plus équitables, plus sûrs et plus respectueux des droits humains, en associant les entreprises et l’ensemble des acteurs concernés à la construction de solutions adaptées au contexte togolais.