Faire de la gestion des déchets un levier de développement économique et de création d’emplois : c’est l’ambition défendue par le Conseil national du patronat du Togo (CNP-Togo) lors du Forum Territoires d’Afrique « Zéro Déchet », tenu du 25 au 27 octobre 2026 à Kpalimé. Cette rencontre avait pour objectif de renforcer le rôle des collectivités territoriales dans la gestion durable des déchets et la lutte contre les changements climatiques, en adaptant les recommandations de l’initiative « Zéro Déchet » aux réalités locales. Elle visait également à favoriser le partage d’expériences, à faire émerger des solutions concrètes et à préparer une contribution collective des territoires à la COP31.

Dans la continuité de cette rencontre, le Président du CNP-Togo, M. Coami Sédolo TAMEGNON, a reçu, le mercredi 28 octobre, M. NBOU Mohamed, Secrétaire général d’Africa Pacte, et M. Emile Kossi Afelete ATIGAKU, Maire de Kloto 1, en présence du Vice-Président du Patronat, M. Thierry AWESSO. Les échanges ont notamment porté sur les propositions présentées au forum et sur la perspective d’une initiative nationale dénommée « Togo Zéro Déchet ».

À Kpalimé, M. Thierry AWESSO, qui représentait le Président du CNP-Togo, avait appelé à considérer les déchets non seulement comme un enjeu de salubrité et de protection de l’environnement, mais aussi comme une question économique. Au-delà de leur élimination, l’enjeu est de mieux organiser leur gestion et de reconnaître le potentiel de certaines matières susceptibles d’être réutilisées ou valorisées. Lorsqu’elles sont correctement collectées, triées et traitées, elles peuvent contribuer à l’émergence de nouvelles activités, de nouveaux métiers et de chaînes de valeur locales. Une telle démarche suppose toutefois de connaître les quantités disponibles, la qualité des matières, les capacités de traitement existantes et les débouchés possibles avant d’engager des investissements.

C’est dans cette optique que le vice-président a proposé une feuille de route 2026-2030 destinée à définir les priorités, les responsabilités, les échéances, les moyens à mobiliser et les résultats attendus. Parmi les premières étapes envisagées figure la mise en place, dans les trois mois suivant le forum, d’un groupe de travail réunissant des acteurs publics et privés volontaires. Celui-ci pourrait recenser les compétences et les expériences existantes, sélectionner un territoire pilote et des catégories de déchets prioritaires, puis évaluer les besoins et les conditions de faisabilité des projets. L’objectif serait de privilégier des initiatives ciblées, fondées sur un diagnostic préalable et des résultats mesurables.

L’approche préconisée repose sur une progression par étapes : tester des solutions adaptées aux réalités locales, vérifier leur viabilité technique et économique, puis envisager leur extension lorsque les résultats le justifient. Elle suppose également une meilleure coordination entre l’État, les collectivités territoriales, les entreprises, les opérateurs, les chercheurs et les partenaires financiers. Pour le secteur privé, cette transition représente à la fois une responsabilité et une opportunité de contribuer à une meilleure utilisation des ressources, à la réduction des pertes et à l’émergence de nouvelles activités économiques. L’objectif est de structurer progressivement la filière et de créer un environnement propice à l’investissement et au développement d’activités durables. La feuille de route et le groupe de travail constituent toutefois des propositions formulées pour discussion, et non des dispositifs dont la mise en place serait déjà acquise.

C’est à la lumière de ces orientations qu’a été évoquée, lors de la visite du 28 octobre, la perspective d’une initiative nationale « Togo Zéro Déchet » portée par le CNP-Togo. Africa Pacte a exprimé sa volonté d’accompagner le Patronat dans la réflexion et la structuration de cette démarche. La possibilité de présenter et de signer l’initiative à l’occasion de la COP31, prévue en Türkiye, a également été évoquée.

Pour le CNP-Togo, cette perspective ouvre un espace de mobilisation du secteur privé autour de solutions concrètes, en complément de l’action des pouvoirs publics et des collectivités. Les entreprises pourraient notamment contribuer à la mise au point de solutions de valorisation, à l’identification de débouchés commerciaux et au développement de nouvelles chaînes de valeur. La réussite d’une telle démarche dépendra notamment de la capacité à structurer des filières économiquement viables, à mobiliser les compétences locales et à créer des conditions favorables à l’investissement. La concrétisation de cette ambition nécessitera de poursuivre les concertations et de préciser les modalités de collaboration entre les parties prenantes.

La rencontre du 28 octobre prolonge ainsi les réflexions engagées à Kpalimé et ouvre une nouvelle étape dans les échanges autour de la gestion durable des déchets au Togo. La perspective « Togo Zéro Déchet » reste à structurer, avec l’ambition de faire émerger une démarche nationale fondée sur les réalités du terrain, la coopération entre les acteurs et des résultats mesurables, au service de la protection de l’environnement, de la création d’emplois et du développement économique des territoires.