Une réunion de prise de contact s’est tenue entre le Ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements et de la Souveraineté Économique, le Dr. Arthur Lilas TRIMUA, et Une délégation des premiers responsables du Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo) conduite par le Président Coami Sedolo TAMEGNON ce 11 mars 2026 au cabinet du ministre à Lomé. Cette rencontre, organisée à la suite de la nomination du ministre à la fin de l’année 2025, avait pour objectif de poser les bases d’un dialogue constructif entre l’État et le secteur privé, considéré comme un levier central de la croissance économique nationale.
Un dialogue direct pour renforcer la collaboration
Au cours des échanges, le ministre a souligné la volonté de son département d’accompagner activement les entreprises togolaises et de bâtir une véritable synergie entre les acteurs publics et privés. Il a notamment insisté sur la nécessité de mettre en place une cellule technique de concertation avec les organisations patronales afin d’examiner de manière régulière les difficultés auxquelles font face les entreprises.
Parmi les enjeux évoqués figure la crise énergétique et son impact sur les capacités de production. Le ministre a rappelé que le renforcement des infrastructures énergétiques constitue une priorité pour améliorer la compétitivité des entreprises et soutenir le développement industriel du pays.
Les préoccupations du secteur privé
Les représentants du CNP-Togo ont partagé les principales difficultés rencontrées par les entreprises. Ils ont notamment évoqué les contraintes liées à l’approvisionnement en énergie, qui affectent fortement la production industrielle. D’autres préoccupations concernent certaines difficultés d’application des textes réglementaires relatifs au contenu local, ainsi que des lenteurs observées dans certains processus administratifs.
Le patronat a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de soutien aux entreprises nationales et d’encourager davantage les partenariats entre le secteur public et le secteur privé, afin de dynamiser l’investissement et la création de valeur au niveau local.
L’enjeu du financement et de la mobilisation des ressources
La question du financement des entreprises a occupé une place importante dans les discussions. Les participants ont évoqué la nécessité de faciliter l’accès au crédit bancaire, de renforcer les dispositifs de financement existants et d’explorer des instruments financiers innovants capables de soutenir l’investissement productif.
Les échanges ont également mis en lumière le fait que la levée de fonds du secteur privé togolais auprès des banques de développement demeure relativement faible comparativement à celle observée dans plusieurs autres pays de la sous-région. Cette situation limite l’accès des entreprises nationales à des ressources financières de long terme, pourtant essentielles pour financer des projets industriels et des investissements structurants. Les participants ont ainsi souligné l’importance d’améliorer l’accompagnement des entreprises afin de mieux capter ces opportunités de financement.
Dans ce cadre, la question de la dette intérieure, estimée à environ 67 % du produit intérieur brut (PIB), a également été abordée. Les acteurs économiques ont indiqué que le remboursement progressif de cette dette constituerait une véritable bouffée d’oxygène pour les entreprises locales, dont plusieurs font face à d’importantes tensions de trésorerie. L’apurement de ces créances pourrait ainsi contribuer à relancer l’activité économique et à renforcer la capacité d’investissement du secteur privé.
Promouvoir des champions nationaux
Les discussions ont par ailleurs mis en avant l’importance d’identifier et de soutenir des entreprises nationales capables de porter des projets structurants et de contribuer à la transformation économique du pays. Une attention particulière devrait être accordée aux PME et TPME, qui constituent l’essentiel du tissu économique et jouent un rôle déterminant dans la création d’emplois.
Industrialisation et décentralisation : vers une approche complémentaire
La question de l’industrialisation a également occupé une place importante dans les échanges. Les participants ont souligné la nécessité de renforcer la base industrielle nationale afin d’accroître la valeur ajoutée locale et de réduire la dépendance aux importations.
Dans cette perspective, des réflexions sont actuellement en cours pour établir un arrimage plus étroit entre la politique de décentralisation et la stratégie d’industrialisation. L’objectif serait de favoriser l’émergence de pôles industriels régionaux capables de dynamiser les économies locales, de valoriser les ressources des territoires et de mieux répartir les opportunités de développement sur l’ensemble du pays.

Vers une cellule permanente de concertation
À l’issue de la rencontre, plusieurs pistes d’action ont été évoquées, notamment la mise en place d’une cellule permanente de dialogue entre le ministère et le CNP-Togo, la création d’une cellule technique de concertation et l’identification de mesures concrètes de soutien aux entreprises locales.
Cette réunion marque ainsi une étape importante dans le renforcement du partenariat entre l’État et le secteur privé. Elle traduit une volonté partagée de promouvoir l’investissement, de soutenir les entreprises nationales et de consolider la souveraineté économique du pays à travers une stratégie fondée sur l’industrialisation, l’innovation et une meilleure mobilisation des ressources nationales.